Contexte historique

Après le développement culturel, religieux et économique du 13e siècle, l'Europe connaît une crise grave. La peste noire et les guerres déciment les populations. L'idée de la mort est omniprésente dans l'art (danses macabres). L'Église, submergée au siècle précédent par des innovations parfois hérétiques, tente de reprendre les choses en main et affermir la discipline, entre autres par le développement de l'Inquisition, le durcissement de la clôture chez les moniales, la réintégration du mouvement béguinal dans le cadre de la vie religieuse traditionnelle, etc. Dans ce contexte général la jeune famille franciscaine connaît une grave crise de croissance.


Danse macabre




Conflits chez les frères mineurs

Avant même la disparition de François, l'Ordre évolue dans plusieurs domaines:

une organisation nouvelle, à laquelle poussent la papauté et plusieurs frères, notamment fr. Élie, deuxième successeur de François à la tête de l'Ordre.

une présence affirmée dans le monde universitaire, (à Paris Guillaume d'Ockham, théologien nominaliste), et l'acceptation de responsabilités dans l'Église : certains deviennent papes, cardinaux, évêques…et inquisiteurs !

une grande activité des frères prédicateurs dans la pastorale urbaine, d'où un afflux de dons, visible dans la qualité de l’architecture des couvents.

Les premiers compagnons de François se sentent trahis. Le conflit se focalise sur la question de la pauvreté (cf. Le Nom de la Rose).

 université

Au 14e siècle: le conflit éclate

C'est la période la plus dramatique de l'histoire franciscaine.

Deux groupes s’opposent de plus en plus violemment : les spirituels, avec Pierre de Jean-Olieu (ou Olivi), Ubertin de Casale, Ange Clareno, etc., dénoncent la communauté (= les conventuels), et les accusent de trahir l’idéal évangélique de saint François.

Les papes, notamment Jean XXII, interviennent. Les spirituels sont persécutés. D'eux se réclament certaines dérives plus ou moins hérétiques comme celles des Fraticelles et des Pauvres Ermites.

Malgré les outrances et les persécutions, le meilleur de l’expérience des Spirituels va se transmettre à travers les réformes successives, qui témoignent du souci permanent chez les frères et les sœurs de “revenir aux sources”, dans la fidélité à François et à Claire.

les frères soignet les lépreux

Les frères soignent
les lépreux

soins aux lépreux

Les sœurs franciscaines
accueillent les pauvres

soeurs et lépreux


Diversification de la Règle chez les clarisses

Toute sa vie, Claire a lutté pour obtenir de vivre sans possessions ni rentes, exigence révolutionnaire, surtout pour un Ordre de femmes, et inconcevable pour la Papauté. La Règle de Claire qui revendique ce droit et son appartenance à la famille de François ne fut approuvée qu'à la veille de sa mort. Seuls le monastère de Saint-Damien, celui de Prague et quelques autres rares communautés obtiendront la permission de la suivre. Quelques grands monastères princiers observent la Règle d'Isabelle de France établie pour Longchamp. Beaucoup d'autres suivent la Règle d'Urbain IV (1263) qui atténue considérablement les deux éléments les plus fondamentaux de la forme de vie de Claire: pauvreté et égalité des sœurs. L'intervention excessive des fondateurs et de leurs familles entraîne de multiples abus.


Expansion

Vers 1340, le premier Ordre compte plus de 45 000 frères répartis dans en Europe, au Proche-Orient, en Egypte et en Afrique du Nord, outre quelques missionnaires en Chine.

Vers 1350, les clarisses ont environ 430 monastères en Italie, Espagne, France, Allemagne, Angleterre, Pologne, Yougoslavie…et jusqu’en Grèce et en Crète.

Après 1350 la “Grande Peste” provoque un effondrement de ces effectifs.